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Histoire de la clarinette

Publié le : 2015-02-10 11:22:17
Catégories : Instruments

La clarinette est l’instrument à vent qui peut le mieux faire naître, enfler, diminuer et perdre le son.

De là, la faculté précieuse de produire le lointain, l’écho, l’écho de l’écho, le son crépusculaire. Quel plus admirable exemple pourrais-je citer de l’application de quelques-unes de ces nuances, que la phrase rêveuse de clarinette accompagnée d’un trémolo d’instruments à cordes, dans le milieu de l’Allegro de l’ouverture du Freischütz !... » Hector Berlioz

Vers 1690, J.C. Denner (1655-1707), facteur d’instruments à Nuremberg

, passe de nombreuses années à améliorer l’ancien chalumeau français. Il remplace la boîte refermant l’anche par un bec, et invente la clarinette à deux clés, avec pavillon conique. Cet instrument de 50 cm, dont la sonorité rappelait celle de la trompette aigüe, prend le nom de clarino. D’abord en buis, il fut ensuite en grenadille, puis ébène.Trois registres sonores se démarquent dans la clarinette: le chalumeau (grave), le médium et le clairon (aigu).Vers 1747, Johann Melchior Molter lui dédie quatre concertos. Les musiciens de l’école de Mannheim, Keiser, Telemann, l’adoptent, ainsi qu’en France Rameau, qui l’emploie dans ses opéras Zoroastre, Acanthe et Céphise, ou Gluck dans Alceste.

clarinette Les facteurs, au service des compositeurs, améliorent l’instrument, en l’allongeant, et rajoutant des clés. Xavier Lefèvre lui ajoute en 1791 une 6ème clé, l’année du chef-d’œuvre incontestable qu’est le Concerto en La majeur (K.622) de Mozart. Celui-ci lui compose aussi le Quintette en la (deux violons, alto, violoncelle, K.581), et le Trio en mi bémol (alto, piano, K.498). C’est l’âge d’or de la clarinette qui a débuté !Weber crée un concertino, deux concertos, et un quintette, de grands classiques du répertoire, comme les quatre concertos de Louis Spohr, ou encore ceux de Stamitz, Krommer…En 1812 Müller fait connaître sa clarinette à 13 clés, révolutionnaire pour la facilité de jeu.Puis c’est Klosé qui en 1844 a l’idée d’adjoindre un barillet au corps de la main gauche, et d’adapter le système d’anneaux mobiles que Boehm a placé sur la flûte.

En fait, depuis Beethoven, «il est peu de symphonies ou d’œuvres dramatiques où elle ne joue pas en solo» (G. Gourdet). La clarinette intervient dans le Concerto pour piano en bémol de Liszt, dans la Symphonie Fantastique de Berlioz, dans les œuvres de Ravel, etc.En musique de chambre, elle joue dans de multiples formations : divers duos avec basson de Beethoven, deux Sonates de Brahms, trois Fantasiestücke pour clarinette et piano de Schumann, quatre Pièces pour clarinette et piano de Berg, le Récit et impromptu pour clarinette et piano de Henri Dutilleux, des trios avec cor de basset et piano de Mendelssohn. On citera encore la Rhapsodie pour clarinette et orchestre de Debussy, le Divertissement, op.6, de Roussel avec flûte, hautbois, clarinette, basson, cor et piano, la Sonate de Poulenc, les trois pièces de Stravinsky…

 



clarinette basse

Le chat aux pattes de velours de "Pierre et le Loup"

devient volubile et imaginatif sous les doigts de Benny Goodmann ou d’autres jazzmen tels Sidney Bechet, Barney Bigard, Woody Herman…Schoenberg utilise même le Flatterzunge (roulement de la langue pour faire un effet de trémolo)) à la clarinette basse dans son Pierrot lunaire.Vincent d’Indy, Saint-Saëns, et Schoenberg ont employé la clarinette contrebasse.Le XXème siècle a attribué de nombreuses pages à la clarinette, comme celles magnifiques de Messiaen (Quatuor pour la fin du temps), ainsi que Dusapin, Donatoni, Jarrel, Boulez, etc., et de nombreux compositeurs d’aujourd’hui continuent à mettre à l’honneur cet instrument aux possibilités et caractères variés !



Description de la clarinette



Cet instrument comporte 5 pièces :

  • Le bec, généralement en ébonite, ou parfois en cristal, qui constitue une chambre de résonance de forme conique, et est composé d’une table (partie plane où repose l’anche), une chambre, un trapèze, et un tenon qui s’emboîte sur le barillet. L’ouverture donne un bec plus ou moins ouvert ou fermé, c'est-à-dire plus ou moins fort à jouer.
  • Le barillet, de différentes tailles (64 à 67 mm), servant en partie à accorder l’instrument,
  • Le corps gauche, appelé corps du haut, comportant 15 trous, 9 clés, dont celle de 12ème au pouce gauche, et 3 anneaux,
  • Le corps droit, appelé corps du bas, où le pouce droit soutient l’instrument, avec 9 trous, 8 clés et 3 anneaux.
  • Et enfin le pavillon, de forme conique, ayant un grand impact également sur la rondeur du son.

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